Jean Dodal, le Tarot de Marseille lyonnais
Gravé à Lyon entre 1701 et 1715, conservé à la BnF et au British Museum, le tarot de Jean Dodal est l'un des plus anciens témoins du Tarot de Marseille. Voici pourquoi il fait référence.
Samuel Durand a découvert le Tarot de Marseille par la tradition hermétique d'Éliphas Lévi, de Papus et d'Oswald Wirth, par le commentaire de référence de Paul Marteau, et par les lectures contemporaines de Carl Gustav Jung et d'Alejandro Jodorowsky. C'est moins l'usage divinatoire qui l'a retenu que la profondeur symbolique de ces vingt-deux figures et la chaîne d'initiés qui en ont, depuis le dix-neuvième siècle, transmis et renouvelé la lecture.
Cette chaîne tient à un trait propre à l'ésotérisme occidental : le savoir ne se livre pas dans le vide, il passe de maître à initié, d'une œuvre à la suivante, chacun reprenant et déplaçant ce qu'il a reçu. Wirth fut le secrétaire de Stanislas de Guaita, Papus son contemporain et son rival, Marteau l'éditeur qui fixa l'iconographie, Jung le psychologue qui en lut les archétypes, Jodorowsky l'héritier le plus diffusé. Chaque maillon suppose le précédent.
Tarot Revelatio prolonge ce fil. Le site s'appuie sur l'iconographie de Jean Dodal, gravée à Lyon entre 1701 et 1715, et sur ces sources nommées qui en éclairent le sens. Le parti pris est sobre : accompagner la lecture plutôt que prédire, comprendre l'objet plutôt que le consommer.